Le mot de la majorité


Élu local, tout un art

Les Lorientais auront un rendez-vous important ces 15 et 22 mars, pour élire leur futur conseil municipal.
Après douze ans d’expérience, je voudrais exprimer ma vision de l’élu municipal que je rapproche du guide de haute montagne. D’abord il écoute la demande des autres alpinistes. Ensuite, il analyse, prend en compte tous les paramètres : terrain, météo, endurance, expérience de ses clients, et en conséquence, il choisit sa voie. C’est là que se joue la partition délicate de l’élu : entre demandes exprimées par les citoyens, volonté politique incarnée par la municipalité, contraintes exprimées par l’administration ou imposées par l’État. Comme le guide de haute montagne, il devra faire preuve de patience et d’humilité.
Patience, car il faut savoir résister à la pression de l’instant, même si les citoyens réclament des réponses immédiates. Ce temps, et parfois le temps long, est nécessaire, car il est celui de l’écoute, de l’analyse, de la réflexion, de la prise de décision durable. Il est aussi celui de la responsabilité lorsque l’on gère de l’argent public !
Humilité, parce que même convaincu-e d’avoir les meilleures idées, un élu n’est pas seul à décider. L’intelligence des habitants, des techniciens, de ses collègues lui conféreront plus de crédit ! Et les responsabilités sont telles, qu’il faut savoir entendre tous les arguments et les arguments de tous.
À l’instar de l’alpiniste, l’élu local doit être sûr, rassurant, capable d’entraîner, de convaincre. Cette force, il ou elle la puisera dans ses propres convictions, dans ses lectures, ses rencontres, ses temps de réflexion. Car on attend de lui bien plus que des déclarations de circonstance ou des postures. On attend une vision, un engagement. Avec tout ce bagage, la rencontre, l’écoute, le débat, les échanges avec les citoyens peuvent réellement avoir lieu. De même que l’accompagnement des initiatives comme les refus de projet s’en trouvent facilités, en veillant au respect et à la dignité de son interlocuteur.
Enfin, il est du devoir des élus locaux de faire vivre les valeurs de notre République : préserver les libertés, garanties par le service public de l’éducation et de la culture notamment. Accepter la diversité des opinions, des expressions. Reconnaître à chacun sa place, sans opposer les uns aux autres. Veiller à l’égalité des citoyens, dans le respect des droits et devoirs de chacun. Cultiver le terreau favorable à la fraternité, notamment dans notre soutien aux associations.
Rien de tout cela ne va de soi mais c’est à ces conditions que la ville peut progresser : liée par l’effort collectif, avançant pas à pas et solidaire vers un même but. Se lancer dans une telle aventure, c’est accepter de se mettre au service d’une communauté de destins, et de partager avec tous les habitants, non pas l’ivresse des sommets, mais une aspiration à des horizons plus vastes.

Emmanuelle Williamson, adjointe au maire chargée de la culture et de l’éducation

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