Aide aux étudiants - photo Bernard Galeron

Solidarité avec les étudiants

Repas à 1 €, prêts de matériel, week-end à la ferme ou paniers hygiène : les initiatives se multiplient pour venir en aide aux étudiants fragilisés par la crise.

Pas de cours, pas de job, pas de vie sociale : les étudiants subissent de plein fouet la crise sanitaire. "Je le vois autour de moi : les situations sont compliquées, confirme Juliette, étudiante en troisième année à l’Université Bretagne Sud (UBS) et investie dans l’association étudiante Une Coop. Surtout pour celles et ceux en première année qui n’ont pas eu l’occasion de nouer des liens avec leur promo. Il n’y a pas de soirées, pas de cours en présentiel, pas d’événements : c’est beaucoup de solitude et d’isolement". Un constat valable à Lorient comme partout en France : selon l’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante, un étudiant sur trois présente des signes de détresse psychologique. Sans compter la précarisation de certains, avec la perte de leur job étudiant, alors qu’un étudiant sur deux travaille pour financer ses études et que plus d’un tiers des étudiants de l’UBS sont boursiers.

Une implication totale

Dans ce contexte difficile, les pouvoirs publics ayant compétence s’impliquent. L’État a doublé le budget alloué aux Crous pour les aides financières d’urgence. Le repas au restaurant universitaire est désormais à 1€ pour tous les étudiants. Deux repas chauds sont proposés chaque jour aux étudiants, sur place ou à emporter. À l’UBS, quarante tuteurs et ambassadeurs "lien social" ont été recrutés. Le service social a été renforcé avec un accès prioritaire des étudiants à un réseau de psychologues (en partenariat avec la CPAM), et un guichet unique a été ouvert. Les fonds institutionnels proviennent aussi de la Région Bretagne, qui a débloqué 500 000 € pour les 132 000 étudiants bretons et qui organise un réseau d’offres de stages et d’emplois. Parmi les initiatives privées dans le pays de Lorient, citons notamment celles des agriculteurs et familles qui offrent des week-ends et des séjours au vert (#boldairetudiant sur Facebook), ou celle de l’association Optim’ism qui propose des paniers de légumes à 2 € pour le printemps.

Les étudiants s’organisent

En première ligne, les jeunes eux-mêmes veulent faire bouger les choses. Sur le campus de Lorient, les associations étudiantes relaient les actions du Solidaribus du Secours Populaire, et distribuent des paniers de première nécessité.

C’est le cas de l’association Une Coop : "nous avons distribué plus de cent paniers de produits alimentaires bio chaque semaine pendant 3 semaines en décembre, explique Juliette. Il y a avait de plus en plus de monde chaque fois ! Nous préparons plus de 700 paniers avec shampooing, savon, rasoirs et protections périodiques pour le printemps, avec l’aide de la CPAM".

Même principe au lycée Colbert, où les élèves du Conseil de vie lycéenne et deux services civiques ont organisé une grande collecte de produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien pour les redistribuer aux étudiants de BTS. "Campagne d’affichage, gestion des dons, QR code pour les modalités de retrait, bons de commande en ligne et par SMS : tout est mis en oeuvre pour faciliter la distribution, souligne Angélique Mangenot, la proviseure du lycée. Les jeunes sont très investis, et très ingénieux : ils arrivent à répondre précisément aux besoins et à gérer les stocks de dons en temps réel !"

Et face aux nombreux dons récoltés, les jeunes du lycée envisagent de collaborer avec l’UBS pour distribuer les excédents aux autres étudiants. Tous sentent un élan de solidarité qui grandit "et qui fait du bien au moral".

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