BAAM- photo Florimond Furst-Herold

Culture : singulièrement pluriels

Ateliers, lieux de vente et espaces de rencontres, les modèles hybrides se multiplient à Lorient, avec comme dénominateurs communs le partage et l’échange. Rencontres avec trois nouveaux venus à Lorient, dans le secteur culturel : Fracas, l’atelier OOooh ! et BAAM

Quelques loupiotes scintillent à travers les fenêtres, et derrière la  porte d’entrée, c’est un poétique cabinet de curiosités qui se dévoile : de délicates suspensions en fil et en perles comme des méduses aériennes, des meubles chinés, des miniatures sous cloches, des fragments de tissus, de bois, de fleurs séchées. "Bienvenue à l’atelier OOooh !", sourit Olivia De Là. Presque au bout de la rue Lazare Carnot, cette petite boutique est devenue l’antre de deux artistes, Olivia et Natalie Lanson, l’une photographe, l’autre plasticienne. "On cherchait un espace pour travailler ensemble mais aussi un lieu de passage".
Un atelier de travail pour les deux artistes, un lieu d’exposition mais pas une galerie d’art traditionnelle, plutôt un cabinet de curiosités qui pourrait aussi attirer "celles et ceux qui ne fréquentent pas ce type de lieu". Car c’est l’un des points communs de ces nouveaux lieux hybrides : se rapprocher des habitants, brasser les publics, expérimenter et « sortir d’une logique trop consumériste". À Lorient, ce même principe est à l’oeuvre depuis de nombreuses années à l’association IDD, et plus récemment chez Dynamo (restaurant et atelier vélo), à la Galerie Pom’ (brocante et expositions), chez Café Code Ø (restaurant et ateliers de recyclage des restes alimentaires), La Colloc et La Colloc d’en face (espaces de travail, de réunions et
d’événements)…

Vivant

"On voulait un lieu vivant pour échanger avec les habitants" confirme Margaux Thoveille. Avec Guillaume Arditti, la jeune femme a ouvert la "librairie-salon de thé-atelier de céramique" Fracas, rue Nayel. En rassemblant leurs projets respectifs, ils ont créé un lieu unique. "L’hybridation provoque des contacts et des synergies autour de des valeurs communes, explique Guillaume. Côté librairie, j’ai mis en place une offre éditoriale alternative,
faite d’essais parfois radicaux, de petites maisons d’éditions qui nous touchent en roman, BD, jeunesse. Ce choix rejoint les créations en céramique de Margaux, des pièces uniques, proches du thé…". Chez BAAM (pour "Bande d’Artistes et Ateliers Mutualisés"), rue Dubail, une soixantaine  d’artistes proposent des affiches, sérigraphies, badges, cartes postales et autres créations graphiques. "L’objectif est à la fois de disposer d’un lieu de vente, d’un atelier et d’un espace pour créer des événements" précise Fanny Thauvin, l’une des quatre fondatrices.

La pratique

Mutualiser du matériel professionnel, se donner plus de visibilité, participer à l’animation de la vie artistique locale : les projets foisonnent. Ces nouveaux lieux ont en commun de mettre la pratique au centre : des ateliers pour les enfants chez BAAM, une initiation au tournage et au modelage chez Fracas, des cours de peinture et d’écriture à l’atelier OOooh ! et même des "arpentages" (lectures collectives) en sciences sociales chez Fracas également… "Il faut créer un bouillon de réflexion, affirme Guillaume, et "aller vers la transmission, le partage de savoir, la solidarité" complète Olivia. La demande est bien là : le public répond présent !

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